Excès de vitesse de 30 km/h : de quoi parle-t-on exactement ?
Avant de parler d’argent, de points et de recours, on remet les choses au clair : un « excès de vitesse de 30 km/h » veut dire que vous roulez 30 km/h au-dessus de la limitation, pas que vous roulez à 30 km/h.
Quelques exemples concrets :
- Vous êtes flashé à 110 km/h sur une route limitée à 80 km/h → excès de 30 km/h.
- Vous roulez à 80 km/h en ville (limitation 50 km/h) → excès de 30 km/h.
- Vous êtes contrôlé à 160 km/h sur autoroute à 130 km/h → excès de 30 km/h.
Dans tous ces cas, on est dans la même tranche de sanctions : dépassement de 30 à 39 km/h. C’est une contravention de 4e classe. Ce n’est pas (encore) un délit comme à partir de 50 km/h au-dessus, mais ça commence à faire très mal.
Montant de l’amende pour un excès de 30 km/h
Pour un excès de vitesse de 30 km/h (donc entre 30 et 39 km/h), les montants sont les suivants :
- Amende forfaitaire minorée : 90 €
- Amende forfaitaire : 135 €
- Amende forfaitaire majorée : 375 €
- Montant maximum devant le tribunal : jusqu’à 750 €
Comment ça marche concrètement ?
- 90 € (minorée) : si vous payez vite (généralement dans les 15 jours en ligne, un peu plus par courrier). C’est le « tarif rapide ».
- 135 € (forfaitaire) : si vous payez dans le délai normal (45 jours environ).
- 375 € (majorée) : si vous laissez traîner, que vous ne payez pas, ou que le courrier se perd… Le Trésor public applique la majoration automatiquement.
- Jusqu’à 750 € : si vous contestez et que l’affaire part au tribunal, le juge peut aller jusqu’au maximum légal.
En pratique, pour la plupart des conducteurs qui ne contestent pas, c’est donc 135 € + retrait de points. Mais selon votre situation (jeune conducteur, déjà à sec en points, gros rouleur), ce n’est pas du tout la même histoire.
Combien de points perd-on pour un excès de 30 km/h ?
Pour un excès de vitesse de 30 à 39 km/h, le retrait de points est de :
- – 3 points sur le permis de conduire
Trois points, ça peut paraître « raisonnable »… tant qu’on a un permis à 12 points bien chargé. Mais selon votre cas, l’impact est très différent :
- Permis classique (12 points) : vous passez par exemple de 12 à 9 points. Ce n’est pas dramatique, mais deux bêtises de ce genre rapprochées et vous commencez à être juste.
- Permis probatoire (6 points) : vous tombez directement à 3 points. Là, ça devient très sérieux.
- Permis déjà entamé (par exemple 4 points restants) : un excès de 30 km/h peut vous faire tomber à 1 point, voire à 0 si vous aviez 3 points ou moins.
Lorsque vous tombez à 0 point, ce n’est plus une simple amende : c’est l’invalidation du permis. Vous recevez une lettre recommandée (le fameux courrier 48SI) et vous devez rendre votre permis en préfecture. Il faudra alors repasser tout ou partie des épreuves après un délai d’interdiction.
Conséquences spécifiques pour les jeunes conducteurs (permis probatoire)
Si vous êtes en permis probatoire (3 premières années de permis, ou 2 ans après conduite accompagnée), un excès de 30 km/h change tout.
En probatoire, vous avez :
- 6 points au départ (8 en cas de conduite accompagnée sur certaines périodes récentes, mais le principe reste le même).
Avec un excès de 30 km/h :
- Vous perdez 3 points → vous passez directement à 3 points.
- Vous recevez en plus une lettre recommandée 48N vous imposant un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
Ce stage est :
- Obligatoire (vous avez un délai pour le faire).
- À vos frais (environ 200 à 260 € selon les centres).
- Récupérateur de points : vous récupérez jusqu’à 4 points, dans la limite du plafond de votre permis probatoire.
Si vous ne faites pas ce stage dans les temps, vous vous exposez à des complications administratives et à un risque accru de vous retrouver rapidement à 0 point.
Suspension de permis : est-ce possible pour un excès de 30 km/h ?
Pour un excès de 30 à 39 km/h, la règle générale, c’est :
- Contravention simple avec amende + retrait de points.
- Pas de rétention immédiate du permis comme à partir de 40 km/h au-dessus.
Mais attention, ce n’est pas un « blanc-seing ». Dans certains cas, le juge peut tout de même prononcer :
- Une suspension de permis allant jusqu’à 3 ans (théorique, mais possible en cas de récidive ou de contexte aggravant : accident, alcool, comportement dangereux).
- Éventuellement des peines complémentaires (obligation de stage, etc.).
En pratique, pour un conducteur lambda, flashé une fois à +30 km/h sans autre infraction associée, on reste généralement sur amende + points, sans suspension immédiate. Mais si vous cumulez avec alcool, stupéfiants, refus d’obtempérer, ou si c’est une récidive rapprochée, la justice peut durcir le ton.
Impact sur l’assurance auto
Beaucoup l’oublient, mais l’assurance a aussi son mot à dire.
Un excès de 30 km/h, surtout si c’est isolé, ne va pas forcément déclencher une explosion immédiate de votre prime. Mais plusieurs cas sont possibles :
- Votre assureur ne voit rien dans l’immédiat, mais vous signale une hausse de tarif au prochain renouvellement si les infractions se répètent.
- En cas d’accident responsable et de découverte d’un historique chargé (plusieurs excès de +30, +40, etc.), la compagnie peut décider d’augmenter fortement votre cotisation ou de résilier votre contrat.
- Si vous êtes jeune conducteur déjà cher à assurer, un profil « petit excès de vitesse régulier » peut vous faire basculer dans la case « risque aggravé ».
Là encore, c’est du vécu : beaucoup de conducteurs pensent que « ce n’est qu’une amende », puis s’étonnent deux ans plus tard de payer 30 % de plus en assurance. Les assureurs n’aiment pas les profils à infractions répétées, surtout sur la vitesse.
Comment payer (ou pas) : les options qui s’offrent à vous
Lorsque vous recevez l’avis de contravention, vous avez plusieurs possibilités :
- Payer l’amende minorée (si encore dans les délais) : c’est la solution la plus simple si vous ne contestez pas.
- Payer l’amende forfaitaire : si le délai de la minorée est passé, mais que vous êtes encore dans le délai normal.
- Ne pas payer et laisser majorer : mauvaise idée, la note grimpe à 375 € et part au Trésor public, avec risques de saisie.
- Contester : si vous estimez que l’infraction n’est pas fondée ou qu’il y a une erreur.
Important : payer = reconnaître l’infraction. Une fois payée, il n’est plus possible de contester. Avant de sortir la carte bleue, posez-vous donc les bonnes questions.
Recours et contestation : dans quels cas est-ce réaliste ?
On peut contester une amende pour excès de vitesse, mais pas pour « le sport ». Certains motifs ont une vraie chance d’aboutir, d’autres non.
Les contestations qui peuvent tenir la route
- Erreur sur le véhicule : immatriculation mal relevée, voiture déjà vendue au moment des faits, véhicule cloné, etc.
- Vous n’êtes pas le conducteur : pour un radar automatique, vous pouvez désigner un autre conducteur (en joignant ses coordonnées). C’est obligatoire pour les personnes morales (sociétés).
- Signalisation défaillante ou absente : panneau manquant, caché, ou limitation temporaire mal indiquée (cas plus rare mais déjà vu, surtout en travaux).
- Problème de forme sur l’avis : erreur manifeste, incohérence flagrante, etc. (ce type de vice de forme est de moins en moins fréquent).
Dans ces cas, vous pouvez déposer une requête en exonération (formulaire joint à l’avis), souvent accompagnée d’une consignation (somme à verser en attendant l’examen du dossier, qui n’est pas une reconnaissance de culpabilité).
Les contestations qui ne fonctionnent jamais (ou presque)
- « J’étais pressé, j’avais un rendez-vous important. »
- « Tout le monde roulait à cette vitesse. »
- « Le radar est mal réglé, je le sais. » (sans preuve ni expertise, c’est parole contre appareil homologué).
- « Je ne savais pas que la vitesse avait changé ici. »
Les radars sont présumés fiables. Sauf cas très particulier (campagne de vérification, panne avérée, scandale local déjà médiatisé), il est difficile de gagner sur ce terrain.
Procédure de contestation : comment faire, étape par étape
Si vous estimez que la contravention est injustifiée, voici comment procéder :
- Étape 1 : lire attentivement l’avis
Repérez :- La date limite de contestation.
- L’adresse ou le site pour déposer votre dossier.
- Le montant de la consignation éventuelle.
- Étape 2 : remplir la requête en exonération
C’est le formulaire fourni avec l’avis. Cochez la bonne case (vous n’êtes pas le conducteur, véhicule vendu, autre motif…). - Étape 3 : joindre les justificatifs
Par exemple :- Copie de la cession du véhicule.
- Attestation d’un employeur si véhicule de société et désignation du conducteur réel.
- Photos de la signalisation défaillante.
- Étape 4 : envoyer en recommandé avec AR
Toujours garder des preuves d’envoi et des copies de votre dossier. - Étape 5 : attendre la réponse
Soit :- Votre requête est acceptée → amende annulée ou réémise au bon conducteur.
- Votre requête est rejetée → vous devrez payer ou, si l’affaire part au tribunal, vous défendre devant le juge.
Attention : la contestation ne suspend pas toujours automatiquement les délais ou les procédures, selon le type de radar ou de constatation. Lisez bien les indications sur l’avis, ou, en cas de doute, rapprochez-vous d’un avocat spécialisé en droit routier si les enjeux sont importants (risque de perte de permis, job en jeu, etc.).
Comment limiter la casse après un excès de 30 km/h ?
Si l’infraction est fondée et que vous assumez, l’objectif devient : limiter les dégâts, surtout côté points.
1. Payer dans les temps
Ne laissez pas l’amende traîner :
- Vous évitez la majoration (375 € au lieu de 90 ou 135 €).
- Vous réglez rapidement la partie « financière » et pouvez vous concentrer sur vos points.
2. Faire un stage de récupération de points
Le stage de sensibilisation à la sécurité routière permet de récupérer jusqu’à 4 points, dans la limite du plafond de votre permis, une fois tous les 6 mois environ.
Concrètement :
- Durée : 2 jours consécutifs.
- Prix : en moyenne entre 200 et 260 €.
- Gain : +4 points crédités en général sous 1 à 2 semaines.
Idéal si :
- Vous venez de perdre 3 points avec cet excès de 30 km/h.
- Vous aviez déjà perdu des points avant.
- Vous approchez dangereusement du 0 et voulez éviter l’invalidation.
Pour un jeune conducteur qui tombe à 3 points, ce stage peut littéralement sauver le permis.
3. Adapter votre conduite (vraiment)
Ce n’est pas de la morale, c’est du réalisme : un excès de 30 km/h, ce n’est pas un « petit km/h de trop » qui passe inaperçu. C’est une infraction visible, lourde en points, et qui peut vite se répéter si vous roulez « au-dessus de la limite par habitude ».
Quelques pistes simples :
- Utiliser systématiquement le régulateur ou le limiteur : sur autoroute et voie rapide, c’est votre meilleur allié.
- Anticiper les changements de limitation : sorties d’autoroute, entrées d’agglomération, zones de travaux. Ce sont des pièges à radars classiques.
- Savoir où vous en êtes en points : un passage en préfecture ou via FranceConnect sur le téléservice officiel vous évite les mauvaises surprises.
- Lever le pied quand vous êtes fatigué ou pressé : ce sont les deux situations où on « monte » le plus sans s’en rendre compte.
Un conducteur qui roule tout le temps à +10/+15 km/h de la limite finit tôt ou tard par se faire flasher un jour où il ne fait pas attention, et ça tape dans la tranche +30 sans prévenir.
À retenir sur l’excès de 30 km/h
En résumé, un excès de vitesse de 30 km/h, c’est :
- Une contravention de 4e classe.
- Une amende de 90 à 375 € selon le délai de paiement (et jusqu’à 750 € au tribunal).
- Un retrait de 3 points sur votre permis.
- Un gros coup dur en permis probatoire (obligation de stage, chute à 3 points).
- Un risque réel pour votre permis si vous êtes déjà entamé en points.
- Des recours possibles seulement dans certains cas précis (erreur, véhicule, signalisation).
C’est le genre d’infraction qui peut passer pour « un simple flash » sur le moment, mais qui vous suit ensuite pendant plusieurs années : côté points, côté assurance, et parfois côté emploi si vous avez besoin de votre permis pour travailler.
Autrement dit : une fois que c’est arrivé, gérez bien l’administratif (paiement ou contestation, stage si besoin), surveillez vos points, et ajustez votre conduite. Quelques km/h en moins au compteur, c’est souvent plusieurs centaines d’euros économisés… et un permis sauvé.